The Who (en français, littéralement, « les Qui ») est un groupe de rock anglais créé en 1964. Considéré comme l'un des symboles des années 1960, les Who ont eu une influence majeure sur la musique rock dans son ensemble. On leur doit notamment les chansons Behind Blue Eyes, My Generation et Won't Get Fooled Again, ainsi que les albums Tommy, Live at Leeds, Who's Next.
Pratiquant au départ un rock'n'roll explosif, que l'on désigne sous le terme de Maximum R'n'B, et qui annonçait le mouvement punk, le groupe est le pionnier de nombreux autres styles, dont une musique rock davantage réfléchie et influencée par l'art en général, tels que les opéras rock.
Dans les années 2000, le groupe est toujours actif.
__________________________________________________________________________
Membres officiels
Il n'y a eu dans l'histoire du groupe que 4 membres officiels :
* Roger Daltrey ( né Roger Harry Daltrey à Londres, le 1er mars 1944) - chant, harmonica ( 1963 – )
* Pete Townshend ( né Peter Dennis Blandford Townshend à Londres, le 19 mai 1945) - guitares, claviers, chant ( 1962 – )
* John Entwistle ( né John Alec Entwistle à Londres, le 9 octobre 1944 ; mort à Las Vegas, le 27 juin 2002 ) - basse, cuivres, chant 1962 – 2002 )
* Keith Moon ( né Keith John Moon à Londres, le 23 août 1946 ; mort à Londres, le 7 septembre 1978 ) - batterie, percussions, chant ( 1964 – 1978 )
__________________________________________________________________________
Histoire du groupe
1961-1965 : les origines
La préhistoire des Who commence en 1961, lorsque Pete Townshend entre à l'école d'art d'Ealing, où il crée avec son ami John Entwistle un groupe de jazz dixieland, The Confederates. Pete y tient le banjo, dont il joue, en plus de la guitare, depuis l'âge de 12 ans, tandis que John, plus éduqué musicalement, joue du cor français. Ils jouent par la suite tous deux dans The Aristocrats et The Scorpions. Impressionné par la maîtrise instrumentale de John Entwistle, le petit, musclé et impulsif Roger Daltrey, étudiant et ouvrier métallurgiste à ses heures, l'invite à quitter The Scorpions pour rejoindre son groupe de skiffle, The Detours, dont il est le guitariste solo. Townshend, poussé par son ami Entwistle, rejoint lui aussi le groupe peu après en tant que guitariste.
Les futurs Who se consacrent au Rhythm & Blues, et sont rejoints en 1964 par le batteur Keith Moon, âgé de 17 ans. Pete Townshend a raconté la façon dont Keith Moon a rejoint les Who :
« Il est venu à un de nos concerts, et a dit : "Je peux jouer mieux que votre batteur !" Il s'installa alors derrière la batterie et la détruisit presque complètement. Nous nous sommes dit immédiatement : "C'est l'homme qu'il nous faut !"[1]. »
La formation historique est au complet, et le groupe rebaptisé The Who, dans un souci, dit-on, de trouver un nom plus court[2]. Il change encore brièvement de nom, fin 1964, pour The High Numbers sous l'influence de leur manager Peter Meaden. Meaden est ensuite promptement viré, et le groupe recouvre le nom de The Who et engage deux nouveaux managers, Kit Lambert et Chris Stamp.
À cette époque, les Who sont associés au mouvement Mods, alors qu'ils n'en ont même jamais vraiment fait partie. Vêtus de manière sophistiquée comme les mods, ils pratiquent une musique qui fait le lien entre la musique noire, très prisée de ces derniers, et le rock and roll de leurs ennemis les rockers. Townshend raconte que de la fenêtre d'un hôtel, il a vu un groupe de Mods coincer deux rockers et leur jeter des bouteilles : « Je me suis senti soudain une sorte de pouvoir. Je me suis dit : "Ce sont ces gens-là qui viennent écouter notre musique ?" ».
1966-1968 : groupe à singles
Pete Townshend s'installe rapidement comme le personnage central du groupe : ses talents de compositeur et de parolier assurent au groupe ses grands succès, et cela tout au long de sa carrière. La plume de Townshend est pourtant très introspective : la voix de Roger Daltrey permet de diffuser ses propres sentiments et angoisses. Seul John Entwistle pouvait rivaliser en terme d'écriture avec le guitariste. Adepte du cynisme et de l'humour noir, le bassiste écrit et compose une vingtaine de morceaux pour le groupe.
C'est en 1965 que les Who décrochent leur premier hit avec I Can't Explain, une chanson à propos de la difficulté de communiquer de Townshend. Le guitariste a écrit cette chanson, dans un style proche des compositions qu'enregistrent les Kinks, dans l'espoir de convaincre leur producteur, Shel Talmy. Le titre plaît à Talmy qui les fait signer avec sa maison de production. Sorti en janvier 1965, le disque ne marche pas jusqu'à ce que le groupe fasse une apparition dans le show télévisé Ready Steady Go!, une émission qui aida à lancer le groupe. D'ailleurs, le groupe lui rendit hommage à travers le titre de leur EP Ready Steady Who! en 1966[3]. Après ce premier succès, les Who sortent rapidement Anyway, Anyhow, Anywhere, morceau plus pop qui sera le seul jamais composé en commun par Townshend et Daltrey.
La même année sort, produit par Shel Talmy, My Generation, premier album du groupe qui contient de nombreux singles, tels le morceau éponyme où Townshend clame, par la voix de Daltrey, qu'il espère « mourir avant d'être vieux » (« I hope I die before I get old »)[4]. Certains y voient l'origine du mouvement punk. Mais les paroles ne sont pas le seul intérêt du morceau : le guitariste y fait également l'une des premières utilisations enregistrées du feedback et un duo avec Entwistle qui contient des lignes de basse d'une virtuosité jamais entendue à l'époque, avec notamment des solos de basse.
En 1966 sort le single Substitute, qui sera censuré à la radio à cause de lignes comme « I look all white but my dad was black » (« Je parais tout blanc mais mon père était noir »)[5].
Malgré le succès des productions de Shel Talmy (I Can't Explain, Anyway, Anyhow, Anywhere et My Generation), les managers du groupe, Kit Lambert et Chris Stamp, jugent le contrat liant les Who à Talmy trop peu avantageux. Ils s'en délient et signent donc chez Reaction, du groupe Polydor. Après un procès engagé et gagné par Talmy, le groupe lui verse des royalties jusqu'à la sortie de Tommy en 1969[6].
Mais Townshend veut aller plus loin : à l'image des Beatles, il veut expérimenter davantage dans sa musique et réaliser de véritables albums, cohérents et ambitieux. En 1966, le groupe sort l'album A Quick One, dont la chanson éponyme, qui comporte plusieurs parties distinctes, a été considérée depuis, à la lumière des travaux suivants du groupe, comme un « mini-opéra rock ».
En 1967 sort le single I Can See for Miles, 45 tours le plus vendu de leur histoire. Il est introduit dans le troisième album des Who, The Who Sell Out (« Les Who se vendent »), concept-album qui se présente sous la forme d'une émission de radio, avec jingles et publicités parodiques composées et interprétées par le groupe.
En 1968, ils participent au Rock and Roll Circus avec les Rolling Stones, John Lennon, Eric Clapton et plusieurs autres. Ils y jouent A Quick One While He's Away. La même année sort le très populaire Magic Bus, un single écrit deux ans plus tôt.
1969-1973 : art rock
À la fin des années 1960, la popularité du groupe grandit ; les plateaux de télévision et les concerts se multiplient.
En septembre 1968, Pete Townshend donne une interview au magazine Rolling Stone[7], annonçant son intention de sortir un véritable opéra rock. Il tient parole l'année suivante avec Tommy, qui, s'il n'est pas le premier — cet honneur revient aux Pretty Things avec S.F. Sorrow —, reste l'opéra rock le plus célèbre à ce jour. Métaphore des difficultés de l'enfance de Townshend, Tommy raconte l'histoire d'un jeune enfant sourd, muet et aveugle à cause d'un secret qu'il ne doit avouer à personne : le meurtre de son père biologique (revenu de guerre après des années) par son son beau-père[8]. À sa sortie en mai 1969, Tommy est reçu avec enthousiasme par les fans mais avec plus de scepticisme par les non-initiés. Néanmoins, grâce à ses hits comme Pinball Wizard ou Amazing Journey, l'album-concept élargit son public. En avril 1970, les Who présentent Tommy dans sa totalité sur scène au New York Metropolitan Opera House. La version théâtrale de l'oeuvre, lancée par Lou Reizner, est jouée en décembre 1971 au Rainbow Theatre de Londres. Une version légèrement différente de ces concerts enregistrée avec la participation de Ringo Starr, Peter Sellers et l'orchestre symphonique de Londres, sortit d'ailleurs sur Ode Records en 1972[9]. Au final, Tommy propulse le groupe au rang de superstars dans le monde entier, encourageant Townshend à se lancer dans un projet plus ambitieux encore. C'est dans cette perspective que Pete Townshend écrit et compose la chanson Pure and Easy, ce qui devait être le « pivot central » d'un projet très prometteur sur lequel les Who s'attellent : le projet Lifehouse, un concept assez obscur d'« album-concert-show radiophonique » basé sur une collaboration active entre les Who et leur public. L'histoire est située dans un avenir où seul le rock peut sauver le monde. Mais le concept est trop ambitieux et échoue à mi-chemin. Les Who ont néanmoins enregistré suffisamment de morceaux pour sortir un album, Who's Next, qui est encore un énorme succès. Fondé en grande partie sur l'utilisation de la dernière invention en date en matière d'instruments de musique, le synthétiseur, Who's Next est le premier album rock à contenir des pistes électroniques préprogrammées qui, contre toute attente, s'intègrent parfaitement bien à la musique des Who. On y retrouve les très populaires Baba O'Riley, Behind Blue Eyes et Won't Get Fooled Again. Cet album surpasse Tommy en succès et, de l'avis de la critique, en richesse et inventivité.
Avec l'album suivant, Quadrophenia, en 1973, les Who reviennent avec succès à l'opéra rock. Ce disque raconte les tribulations d'un jeune Mod, Jimmy, souffrant d'un quadruplement de personnalité (une « quadrophénie », même si le terme est inexact, on devrait plutôt dire « tétraphénie »). Chacune de ses personnalités correspond à un membre du groupe et à un thème musical. L'histoire de Jimmy s'inscrit dans un fond de tensions entre Mods et Rockers, dans l'Angleterre du début des années 1960. L'album, si son succès commercial est inférieur à celui de Tommy, est pourtant plus riche musicalement, avec des claviers et des guitares qui s'interpénètrent parfaitement.
La même année, des mésententes sérieuses entre Pete Townshend, Kit Lambert et Chris Stamp entraînent le remplacement des deux managers par leur assistant, Bill Curbishley.
1974-1982 : l'errance
Après Odds and Sods, une compilation de faces B sortie en 1974, les Who enregistrent en 1975 un nouvel album, The Who By Numbers. Sans le moindre synthétiseur, ce disque est considéré comme le plus « sombre » et le plus personnel de Pete Townshend. Selon les mots d'un journaliste, Townshend, alors en pleine dépression, malmené par sa consommation de drogues et d'alcool, livre avec ce disque une véritable « lettre de suicide ». Peu apprécié de la critique, il se classe tout de même 7e dans les meilleures ventes d'albums en Angleterre.
Le cinéaste anglais Ken Russell réalisa en 1975 le film Tommy, basé sur les chansons de l'album éponyme et constituant une mise en scène de l'opéra-rock imaginé par les Who.
Malgré l'échec de The Who By Numbers, les Who rejoignent le studio en 1978 pour enregistrer Who Are You, album plutôt expérimental comprenant autant de claviers que de guitares. Ce disque est pourtant une exploration sonore qui revient à un son plus gai et montre un regain d'intérêt du groupe pour la musique. Mais les Who sont coupés net dans leur élan par la mort subite de Keith Moon, le 7 septembre 1978, d'une surdose du médicament qu'il prenait pour traiter son alcoolisme galopant.
La seule actualité des Who les années suivantes est cinématographique : en 1979 sort un documentaire sur eux, The Kids Are Alright, dont l'excellente bande sonore est plus tard disponible sur disque, et ils produisent la même année une version filmée de Quadrophenia, dans laquelle figure notamment le chanteur Sting.
En 1981 sort Face Dances, suivi l'année suivante par It's Hard. Ces deux albums au son très pop sont bien accueillis par la presse, mais moins par le public qui les boude. Townshend se sent de plus en plus mal à l'aise au sein du groupe, prend de plus en plus de drogues et finit par craquer et dissoudre les Who en 1982, interrompant une séance d'enregistrement pour expliquer aux autres musiciens qu'il « ne peut plus écrire pour les Who ».
1983-2007 : Le retour
Pendant près de vingt-cinq ans, les Who ne sortiront aucun album studio. Chacun se consacre d'abord à sa carrière solo, dont celle de Pete Townshend se révèle la plus ambitieuse (jusqu'à Psychoderelict (énième concept-album) en 1993). Le leader guitariste sera ainsi le seul à reprendre sur scène avec le groupe quelques titres issus de ses propres disques.
Après la mort de John Entwistle en 2002, suite à une surdose de cocaïne, un nouvel album studio est enfin enregistré en 2006. Baptisé Endless Wire et proposant notamment un mini-opéra de onze minutes, il est salué par une large critique[13]. Bien que plus introspectif et apaisé que leurs ½uvres passées, ce disque très attendu motive avant même sa sortie une gigantesque tournée saluée comme le retour au son des années Who's Next.
L'actualité du groupe est également cinématographique. Roger Daltrey développe actuellement un long métrage (prévu pour 2009) qui devrait relater la vie de Keith Moon, intitulé See Me Feel Me: Keith Moon Naked For Your Pleasure[14]. Mike Myers est pressenti dans le rôle du batteur, et Nicolas Cage, fan de longue date, ou Tim Roth pourraient bien incarner Pete Townshend.
__________________________________________________________________________
Évolution
Formation et premières scènes
Chacun des membres du groupe a eu un ou plusieurs groupes avant de jouer au sein des Who. Pete Townshend et John Entwistle ont d'abord joué dans The Confederates, dans The Aristocrats et The Scorpions. Roger Daltrey, quant à lui, était le guitariste de The Detours.
The Who prend sa forme définitive en 1964, avec Roger Daltrey au chant, Pete Townshend à la guitare, John Entwistle à la basse et Keith Moon à la batterie. Le groupe, très orienté Rhythm and Blues, impressionne déjà sur scène par une très bonne maîtrise technique. Le style très personnel qu'avait Keith Moon de battre et les moulinets de bras de Pete Townshend contribuent au succès des premiers concerts.
Dès les débuts du groupe, les concerts revêtent une importance essentielle pour le groupe : les Who jouent de manière très énergique, à un volume sonore jamais vu à l'époque, et Pete Townshend détruit systématiquement sa guitare et une partie du matériel à la fin de la dernière chanson (ce qui n'est pas sans entraîner quelques problèmes d'argent). Townshend racontera par la suite que cette propension à détruire ses guitares, fut à l'origine accidentelle. Lors d'un concert du groupe, à leurs débuts dans un salle au plafond particulièrement bas, Pete Townshend à force de gesticuler, heurte le plafond et casse le manche de sa guitare. Ne sachant plus quoi faire et énervé, il brise ce qui lui reste de la guitare. Il est stupéfait de constater qu'au lieu de se moquer de sa mésaventure et de le huer, le public l'applaudit et en redemande. Chris Stamp et Kit Lambert, voyant l'effet du public, vont le pousser dès lors à rééditer un maximum de fois la performance sur scène.
Cette énergie les fera rapidement connaître en tant que groupe de scène dans une Angleterre dont les groupes de rock sont encore assez propres sur eux, au moins en apparence.
L'apogée
À la fin des années 1960, les Who livrent des prestations littéralement explosives. Les destructions d'instruments sur scènes se font très fréquentes, et Townshend s'amuse à martyriser ses guitares et les oreilles des spectateurs, notamment en jouant sur le larsen. Leur passage au Festival international de musique pop de Monterey en juin 1967, dans lequel s'est également produit Jimi Hendrix, marque les esprits (voir l'anecdote à ce sujet). On retiendra notamment une très bonne interprétation de My Generation.
L'album Tommy, grand succès de 1969[12], est par la suite souvent joué sur scène dans sa quasi-intégralité, notamment au festival de Woodstock (où Townshend agressa à coups de guitare Abbie Hoffman, activiste politique qui tentait d'interrompre la performance pour prononcer un discours[24]). Leur performance, diffusée dans Woodstock, 3 Days of Peace & Music, finit de les propulser au rang de superstars aux États-Unis.
Les Who participent en 1969 et en 1970 au Festival de l'île de Wight, devant un parterre estimé à 600 000 personnes.
Après cette tournée mondiale de promotion de l'album Tommy[25], les Who rentrent en Angleterre à la fin de l'année 1969, avec le désir de commercialiser un des lives filmés de la tournée. La très grande quantité des enregistrements et donc les heures d'écoutes qui s'annoncent rebutent le groupe. Ils décident donc de brûler les enregistrements (pour éviter les bootlegs) et programment deux concerts en 1970 : l'un à l'université de Leeds le 14 février et l'autre le jour suivant à Hull (Yorkshire de l'Est), dans le but de les publier. Des problèmes techniques avec la guitare basse évincent le concert de Hull. Le live à l'Université de Leeds (Live at Leeds) paru la même année est souvent considéré comme le meilleur album live de tous les temps[26]. Le groupe y interprète des singles, des reprises, des morceaux tirés des albums et la quasi-totalité de Tommy.
La fin des années 1970
La seconde tournée de promotion de Quadrophenia est loin de se passer aussi bien : en 1974, le groupe ne parvient pas à jouer par-dessus les bandes d'effets sonores et de sons électroniques enregistrés, qui se désynchronisent en permanence. Seule la ville de Paris entendra l'intégralité du show conçu par Pete Townshend. Furieux, ce dernier détruit tout le matériel de la tournée au cours d'un concert, et revient à un spectacle plus simple avec les extraits les moins compliqués de l'album. Une anecdote est restée célèbre : le soir d'un concert de la tournée Quadrophenia, au Cow Palace de San Francisco, le 20 novembre 1973, un fan qui parlait avec Keith Moon lui propose « une nouvelle drogue » géniale quand on en prend un demi-cachet avec un verre de cognac, ce à quoi Keith Moon répondit « Attends, tu sais qui je suis ? Je suis Keith Moon ! Je prends pas un demi-cachet, j'en prends un entier, moi ! », puis s'exécuta. Le concert a été filmé. On peut voir Keith Moon s'écrouler sur sa caisse claire en plein milieu d'un morceau : K.O. La « nouvelle drogue » était en fait un somnifère pour chevaux : Keith Moon, hors d'état de jouer, fut remplacé par un spectateur de la foule. Le batteur mit deux jours à s'en remettre, durant lesquels, transporté en chaise roulante et incapable de parler, il dut subir les sarcasmes de Pete Townshend[27].
Le groupe s'éloigne un peu des scènes, préférant travailler sur la version cinéma de Tommy.
Brisé par la mort de Keith Moon en 1978, le groupe décide malgré tout de continuer et embarque le batteur Kenney Jones pour une tournée mondiale qui vise à prouver que les Who sont toujours vivants. Mais le sort s'acharne sur eux : le 3 décembre 1979, à Cincinnati (Ohio), une bousculade juste avant un de leurs concerts fait onze morts parmi les spectateurs[28]. Le groupe est horrifié : Daltrey s'effondre en larmes dans les coulisses. Rien ne sera plus comme avant pour le groupe. 1982 marque la suspension du groupe, sur l'initiative de Pete Townshend. Suit une triomphale tournée d'adieu[29] qui bat des records d'audience, mais le c½ur n'y est plus depuis longtemps.
Retour sur les routes
Les Who se reforment tout de même à de nombreuses reprises, notamment pour le Live Aid de 1985. En 1989, le vingtième anniversaire de l'opéra-rock Tommy motive une tournée évènement aux États-Unis avec Simon Phillips derrière la batterie[30].
Six ans plus tard, c'est la réédition de Quadrophenia qui les voit tourner en Amérique et en Europe avec de nombreux invités ; Zak Starkey (fils de Ringo Starr et filleul/élève de Keith Moon) s'installant désormais derrière la batterie. Plusieurs tournées visitent encore les pays anglophones (les Who seront d'ailleurs « victimes » en 1999 d'une célèbre escroquerie liée à Internet, la société Pixelon.com prétendant retransmettre sur les écrans du monde entier l'un de leurs concerts à Las Vegas[31]).
Quelques excellents lives émergent aussi de leurs archives — dont le légendaire Live at the Isle of Wight Festival 1970, du festival du même nom. Le 27 juin 2002, à la veille d'une nouvelle tournée, John Entwistle est trouvé mort dans une chambre d'hôtel de Las Vegas, victime d'une crise cardiaque. Il aurait apparemment décidé de fêter le retour de son groupe en prenant de la cocaïne, ce que n'a pas supporté son c½ur déjà usé par des années d'excès. Malgré la mort d'Entwistle, les Who reprennent la route en 2002[32] et confirment leur forme retrouvée, Roger Daltrey assumant une voix plus « rocailleuse » mais toujours puissante. Si Pete Townshend a un peu perdu de ses acrobaties scéniques, il compense en ponctuant son jeu de solos improvisés plus longs et compliqués que dans le passé. Pino Palladino remplace John Entwistle dans la quasi-totalité des concerts. Le groupe est convié, le 2 juillet 2005, au Live 8 de Londres : il y joue Who Are You et Won't Get Fooled Again, avec à la batterie Steve White (batteur pour Paul et frère d'Alan White, ex-membre d'Oasis) et Damon Minchella à la basse (Pino Palladino étant en Amérique du Sud en tant que bassiste de Jeff Beck).
En novembre 2006, le groupe propose à Zak Starkey de devenir membre à part entière du groupe[33], mais celui-ci décline l'invitation[34].
Le groupe continue à donner des tournées internationales (notamment en Amérique du Nord) depuis sa dernière reformation en 2002. Un concert à Bercy (Paris) a lieu le 6 juin 2007. Sylvain Siclier, dans son compte-rendu du concert paru dans le journal Le Monde, écrit :
« Il n'y a pas si longtemps, le groupe était qualifié de "dinosaure du rock". À Bercy, il avait fière allure.[35] »



